lost

I'm lost but I'm not stranded yet

Jeudi 10 janvier 2008 à 9:31

Ce qui est formidablement réjouissant avec internet (oui, je parle encore d'internet, mais voyez-vous, si j'écrivais sur des cahiers, je m'en prendrais sans doute à Waterman ou Clairefontaine, parce que je suis logique et engagé, c'est une réalité qui n'est plus à prouver.) c'est le fait que n'importe qui (oui, ce n'est pas si réjouissant au final, allez-vous me dire, et vous aurez raison (une fois n'étant pas coutume)) puisse s'exprimer à propos de n'importe quoi et ce, de n'importe où. Le tout en recevant la même audience que tous les autres, sans discrimination, hormis celles inhérentes au lieu d'origine de la personne en question : à savoir les technologies disponibles dans sa région d'habitation (vitesse de connection, et caetera) et des restrictions propres à certaines localités (comme une sorte toute particulière de filtrage du réseau optimisé pour les droits de l'homme et la liberté d'expression dans des pays où règne un certain sens de la liberté individuelle et où la population est (très) légèrement nombreuse. Suivez mon regard).
Toujours est-il qu'internet est donc un formidable pas en avant pour l'égalité entre les hommes (ajouter ici un paragraphe larmoyant et si possible empli de bien-pensance). Avouez-donc que c'est un sujet de réjouissance quotidien pour vous qui faites usage de ce magnifique outil. C'est vrai que si on passe sur le fait que c'est un formidable pas en avant mais pour ceux qui peuvent y accéder, il y a de quoi écrire quelques kilomètres de prose mielleuse sur le monde merveilleux dans lequel nous vivons.
Sauf que, force est de constater, qu'internationalisation ou pas, la localisation joue toujours un rôle très fort sur internet. C'est simple, prenons par exemple les blogs (oui, encore eux, se référer à ma première parenthèse). Mondialement, les plus populaires sont américains; la langue anglaise est de toute façon obligatoire si on cherche à s'imposer. Ce qui limite tout de suite cette notion d'égalité. Si on prend le niveau national, la localité a un rôle bien plus insidieux encore. En france, notamment. Avez-vous remarqué comme tous les blogs très populaires (à quelques très rares exceptions) sont parisiens? Il n'y a pas de réelle justification à cela, disons que "c'est comme ça". L'argument de la population ne tient pas, il y a tout de même beaucoup plus de monde hors-paris que le contraire. Simplement une autre expression de ce détestable centralisme cher à la france où la province n'est de toute façon composée que d'un ramassis de cons malpropres et sans intérêt. Bien entendu, c'est manifestement vrai. Cela dit, ça s'applique parfaitement à la capitale aussi. Ce n'est donc pas un argument, la population mondiale répondant aussi à cette description pour la plus grande part.

Je vous laisse (tenter d'y) réfléchir.

Mardi 8 janvier 2008 à 9:32

...vaut toujours mieux qu'un article pitoyable bourré d'auto-complaisance, à tendance narcissique et à l'inintérêt d'une prévisibilité à faire peur à un statisticien blasé.

(Oui, c'est à dire la majorité des productions dans ce qu'on nomme la blogosphère, j'aime même à penser que je me situe bien au dessus de tout cela. Et le pire c'est que j'ai raison, personne ne peut le nier.)


"Je n'ai aucun préjugé sur les personnes. Je déteste tout le monde de manière uniforme."
W.C. Fields

Samedi 29 décembre 2007 à 18:37

Aujourd'hui nous allons parler de Germude. Oui, je sais, on dirait le prénom d'une héroïne de roman d'Amélie Nothomb, ce qui est relativement regrettable pour elle, autant dire tout de suite qu'elle n'est pas vraiment bien partie dans la vie. A sa place j'aurais trainé mes parents devant la justice histoire de récupérer une compensation, mais je m'égare.

Germude n'a de toute façon pas de problèmes avec ses parents, Germude vit dans son petit appartement, pas très loin de chez eux. Elle a un boulot correct, pas trop fatigant, peu épanouissant mais pas déprimant, elle sort de temps en temps le week-end avec ses amies, elle regarde des séries américaines sous titrées en français par des amateurs, téléchargées illégalement parce que les chaines de télévisions françaises affiliées aux groupes américains ne les diffusent pas assez vite, mais elle achètera les DVD quand ils sortiront. Elle ne boit pas trop, ne fume pas ou assez peu, n'est pas dépressive et a comme tout le monde de fortes chances de mourir d'un problème cardiaque ou d'un cancer. Bref, Germude, excepté son prénom, est une jeune fille comme les autres. Pour un peu, elle serait presque jolie.

Germude est aussi internaute. Elle a une connexion haut débit qu'elle n'utilise qu'à un infime pourcentage de ses capacités, n'a jamais compris l'intérêt de folding@home, serait incapable de distinguer une barrette de ram d'une carte ethernet, pense que le SSL est l'acronyme d'une technologie utilisée dans les voitures et serait très étonnée d'apprendre que le http qu'elle tape 15 fois par jour en moyenne signifie la même chose que HyperText Transfer Protocol. Elle est dans la moyenne, rien de bien étonnant.
Germude correspond grâce à Windows Live Messenger, utilise Firefox parce qu'elle sait que tout le monde le fait dans son entourage, a un compte sur Facebook, Myspace, Meetic et tient un blog. Elle a rencontré son dernier copain sur internet, il vit loin mais elle le voit de temps en temps. Rien de bien étonnant toujours.
Germude est inscrite sur quelques forums, visite des blogs BD, consulte des recettes de cuisine simples , traine parfois sur le site de public ou closer, comme ça, parce que c'est drôle. Elle consulte sa messagerie en ligne et découvre des "petits groupes" de rock-slim-et-mèche pistonnés par des magnats du milieu. Quoi de plus normal?

Eh bien oui, c'est elle Germude. Et il faut bien avouer que beaucoup de monde doit s'y retrouver, dans cette description, en partie tout du moins. C'est normal, Germude est désespérément moyenne. Elle ne sort en aucun point du lot. Elle essaie pourtant, elle tente de contribuer à cette énorme toile tentaculaire par ses créations. Quelques photos prises avec son compact numérique, quelques textes jetés sur le clavier, peut être même qu'elle chante. Elle donne son avis, complimente, critique sans le faire trop violemment, pour ne pas blesser surtout. Elle pense au fond d'elle, même si elle ne le dira pas, avoir sa petite importance pour le monde.

Germude c'est peut être toi. Qu'importe au final qu'elle n'existe pas, il y a tant de monde pour la remplacer.

Samedi 29 décembre 2007 à 4:17

Ah - pensez-vous - ah, encore un de ces lourdingues venu nous causer langage sms. Encore un de ces donneurs de leçons bien-pensant, défenseur de l'orthographe et de l'exactitude grammaticale qui eut aimé faire partie de l'Académie française, comme tout bon frustré en son genre malheureusement trop mauvais pour pouvoir ne serais-ce qu'avoir la prétention de se permettre d'y penser un tantinet sérieusement.

Mais non.

Alors quoi, "le langage", qu'est ce que ça signifie? Pas la langue en tout cas, peu me chaut que vous usiez de la langue de Shakespeare, Goethe ou Cervantes (et il plaça là quelques subtiles références littéraires qu'il n'avait bien entendu pas pris le soin de lire). Je veux plutôt évoquer ce que je nommerai une façon particulière de s'exprimer. Je m'explique :

En fait ce n'est pas compliqué, je veux simplement parler de cette espèce de pseudo-langage-branché que l'on retrouve sur un large panel de blogs tous plus ou moins reliés entre eux et qui consiste en un subtil mélange d'anglais, de verlan, de néologismes, de barbarismes et de langage soutenu. Alors, oui, décrit comme ceci, c'est quelque peu loin de laisser rêveur, je vous l'avoue. Il n'empêche que ça marche. Et plutôt bien.

Celles (majoritairement, c'est indéniable) et ceux qui l'utilisent correspondent à un registre d'individus assez particulier. Sauf rares exceptions, ce sont des littéraires, ou ex-littéraires, en tout cas à tendances "artistiques". En effet seule une personne pouvant se targuer de maîtriser la langue de Molière mieux que quiconque peut s'arroger le droit d'en faire une sorte d'amalgame ne ressemblant pas à grand chose de correct tout en affichant de façon ostentatoire une certaine dérision à ce niveau.
Or, si la dérision est bien présente au départ, elle finit par disparaître totalement ou presque et les garants de cette sorte d'humour langagier rejoindront vite la masse intolérante de leurs congénères humanoïdes et feront par-là même preuve d'une stupidité sans égale dès qu'il s'agira de leur mode d'expression. On pensera notamment à des cas absurdes où l'on se chamaillera à propos d'une expression inventée par unetelle et reprise ailleurs ou simplement à des "mouvements" de mode en ce qui concerne l'utilisation de certaines tournures de phrase, et dont les "créateurs" revendiqueront la paternité. C'est en fin de compte assez affligeant.
Il ne faut surtout pas se fier à l'image que ce langage renvoie, il n'est que façade. Ce qui fait que, passant pour des êtres plutôt "marrants" du fait de l'utilisation de ce langage particulier, ces personnes sont au final relativement normales, pas plus délurées que d'autres et pourraient bien se révéler être parfaitement introverties dans certains cas. Oui, l'écran est un formidable bouclier, un masque magnifique, un excellent trompe-l'œil.

La conclusion de tout ceci? Oh, j'allais l'oublier. Elle tient en ces quelques mots: ce n'est pas votre façon d'être pitoyable qui change quoi que ce soit à cet état de fait.

Jeudi 6 décembre 2007 à 0:44

Je suis empli de haine. C'est une part de ma personne qui veut ça. Un parfait anonyme plein de fiel à déverser, et la liste des destinataires est longue.

Tu en fais peut être partie, sûrement même, méprisable réceptacle de ma bile nocive. Pitoyable représentant de l'espèce humaine, je te hais. Car tu es mon frère, tu es ce que j'abhorre, une partie de mon reflet. Toutes tes putrides imperfections, tes détestables travers et tes perversions malsaines je les connais, je les expérimente chaque jour, je les vomis toujours plus. Tu me ressembles et je te hais car chacun de tes gestes est une erreur, chacune de tes entreprises, un échec lamentable. Tu es la honte de l'évolution, Darwin te cracherais au visage s'il te voyait, tu ne vaut rien, ta vie est insignifiante, tu ne laissera pas de trace sur cette planète hormis un amas de déchets, comme nous tous. Nous participons à chaque seconde à une risible autodestruction qui n'aura rien de grandiose. La seule grandeur qu'on pourrait y voir est celle de notre incoercible nullité.

Tu crois être l'achèvement d'une longue lignée, un des plus hauts points sur une courbe ascendante? Foutaises. Tu n'es pas plus qu'un rejeton dégénéré, sans doute même pas désiré par tes concepteurs, une source de CO2 et puis voilà. Ce ne sont pas les autres productions de ton corps qui y changeront quoi que ce soit. Tu te crois artiste? Pense avant tout que ta plus grande œuvre est un monceau d'excréments et une piscine d'urine, qui ne font que s'accroître au fur et à mesure de ton avancement vers la décrépitude inévitable de la vieillesse. Tu n'étais rien, tu deviendras moins que rien. Sénile et sourd tu continueras ta grand-oeuvre sur ton propre corps, body-art fécal avec odeur de renfermé en prime. Un vieux déchet puant, à l'image que ce que tu auras créé toute ta vie. Et tu disparaitras, ça ne fera qu'un trou de plus dans la terre, ça ou des bidons de plutonium, quelle différence sinon la profondeur? L'avantage du plutonium, c'est qu'il ne se décompose pas vraiment d'une façon aussi dégoûtante que tu le feras.

Et si tu avais le bon goût de te faire incinérer ça ne serait qu'un peu de fumée de plus pour l'atmosphère. La terre peut bien supporter ça.
 

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